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Nos Souvenirs Brûlés

Date de sortie Française : 30 Janvier 2008
Réalisé par Susanne Bier
Film américain, britannique.
Genre : Drame
Durée : 1h 58min.
Année de production : 2007
Titre original : Things We Lost in the Fire
Distribué par Paramount Pictures France
Têtes d'Affiche :
Halle Berry ------------ Audrey Burke
Benicio Del Toro ---------- Jerry Sunborne
David Duchovny ----------- Steven Burke
Alison Lohman ------------ Kelly
Synopsis
Audrey et Brian menaient une vie tranquille et sans histoires :
onze ans de mariage, deux enfants, le confort et la sécurité assurés, aucun souci à l'horizon.
Mais, un jour, tout s'écroule :
Brian meurt, victime d'un acte de violence gratuite.
Encore sous le choc,
Audrey se tourne instinctivement vers le meilleur et plus ancien ami de son mari, Jerry Sunborne.
Un homme qu'elle jugeait infréquentable, et dont elle comprenait
à peine que Jerry continue à le fréquenter.
Mais, aujourd'hui, face au vide laissé par la mort de Brian,
Jerry l'accro, le paumé, lui apparaît comme une planche de salut, un ultime lien avec le disparu.
Audrey l'invite à s'installer dans une chambre attenante au garage,
avec l'espoir qu'il l'aidera, ainsi que ses enfants, à reprendre une vie normale.
Engagé dans un difficile combat contre la drogue, Jerry accepte la proposition.
En devenant le confident et l'ami d'Audrey et le père de substitution des jeunes Harper et Dory,
il hérite de nouvelles responsabilités et
développe au fil des jours des ressources
insoupçonnées.
Entre deuil et déni, Audrey et Jerry s'efforcent tant bien que mal de se porter secours...
Secrets
de Tournage
De Sam Mendes à Susanne Bier
Après les succès d'American Beauty et Les Sentiers de la perdition,
la société de production de Sam Mendes se vit proposer
divers scenarii dont celui de Nos souvenirs brûlés.
"Allan Loeb a signé là une histoire originale et
émouvante, déclare le réalisateur-producteur.
Rares sont aujourd'hui les scenarii qui sont à la fois basés sur des interactions personnelles
ET conçus à l'échelle d'un film, et non d'une simple dramatique télé."
Sam Mendes décida de produire Nos souvenirs brûlés et se mit en quête d'un metteur en scène :
"J'ai senti qu'il fallait un cinéaste doté d'une
sensibilité et d'un talent particuliers pour restituer l'esprit
du matériau."
Mendes songea alors à Susanne Bier,
qu'il compare volontiers à des réalisateurs venus apporter récemment leur contribution
au cinéma américain, tels Fernando Meirelles ou Alejandro González Inárritu :
"Leurs films relèvent de la même esthétique "brute",
en prise directe avec le réel, et très éloignée du style américain ou anglais."
La motivation de Halle Berry
Halle Berry souhaitait plus que tout le rôle d'Audrey.
"Les bons rôles sont rares, surtout pour les femmes, explique-t-elle, et on ne les décroche pas sans se battre.
Audrey n'avait pas été écrite pour une actrice
black, et les gens ne me voyaient pas spécialement dans cet
emploi.
J'ai donc demandé très tôt à mon agent de m'arranger un rendez-vous avec la réalisatrice.
J'espérais que Susanne ne me jugerait pas sur mon image."
Susanne Bier évoque en souriant le spectacle d'une Halle Berry
"non maquillée, les cheveux en bataille, et divinement belle".
Mais elle fut surtout impressionnée par "l'intensité de son interprétation,
la rage avec laquelle elle jouait ce rôle, les risques qu'elle prenait scène après scène."
Benicio Del Toro chez les toxicomanes anonymes
Durant la phase de préparation au rôle, Benicio Del Toro se documenta sur la dépendance aux drogues,
rencontra des experts médicaux et assista à des réunions de l'association Narcotics Anonymous.
Sam Mendes se souvient :
"Il s'est mis dans la peau du personnage et de tous ceux qui ont été accros.
Il comprit qu'on doit les traiter de façon humaine, comme tous les malades."
Susanne Bier vue par Sam Mendes
Susanne Bier, dont les premiers films se rattachent à l'esthétique "Dogme" définie en 1995
par Lars von Trier et une poignée de cinéastes d'avant-garde,
est connue pour l'extrême fluidité de ses mises en scène.
"Elle utilise la caméra portée et colle de très, très près aux personnages,
explique Sam Mendes. Rien n'est définitivement
arrêté aux répétitions, et elle filme le
plus souvent à deux caméras,
dont elle accompagne les évolutions tout au long de la prise
pour capter les moindres réactions de ses personnages.
Ce qui l'intéresse, et qu'elle scrute avec passion, c'est l'être humain dans ce qu'il a de plus intime."
Susanne Bier et sa direction d'acteurs
Durant le tournage, Susanne Bier et ses acteurs passaient chaque matin de
90 à 120 minutes à répéter les scènes de la journée.
"C'était un processus évolutif, très ouvert,
mobilisant toutes les facultés créatrices des
interprètes,
indique la réalisatrice. Les répétitions avaient
lieu dans la maison qui constitue le décor principal du film.
C'est là que nous déjeunions et dînions, que nous nous détendions en jouant au ballon dans le jardin.
Cette cohabitation a créé un solide esprit
d'équipe et aidé chacun à se mettre dans le bain."
Halle Berry confie : "Le script, c'est la bible, bien sûr, et nous souhaitons tous le servir.
Mais Susanne tient aussi à ce que l'acteur s'approprie son texte,
se le mette en bouche à partir du matériau écrit, tout en respectant le sens voulu pour l'auteur.
Elle nous poussait aussi à nous écouter l'un l'autre,
à essayer différentes interprétations d'une
scène.
J'ai ainsi émis certaines propositions qu'elle a reprises."
Susanne Bier expose son point de vue : "Je ne crois pas aux scènes "préfabriquées".
Je crois nécessaire de travailler la scène à fond,
mais aussi de rester ouvert aux suggestions des acteurs,
surtout lorsqu'il s'agit de grands acteurs. Ils ont une connaissance intime de leur personnage
et le chic pour nouer des liens étroits sur le tournage.
On ne sait donc jamais le matin comment se déroulera la journée de travail,
quelle tournure prendront les scènes. C'est exaltant... et terrifiant."
Une appréhension pour Susanne Bier
Avant de s'engager, la réalisatrice danoise Susanne Bier avait une inquiétude,
celle ne pas jouir de la même liberté que dans son pays natal :
"Je m'attendais à certaines restrictions. Je craignais qu'on me demande de penser davantage au grand public.
Ce fut exactement l'inverse : on m'incita sans cesse à être plus audacieuse
et plus radicale, à prendre plus de risques."
Tournage dans une maison spacieuse de Vancouver
Le tournage de Nos souvenirs brûlés a débuté le 14 août 2006
et s'est essentiellement déroulé dans une spacieuse maison de Vancouver,
dotée de nombreuses cloisons vitrées, aménagée par le chef décorateur Richard Sherman.
"Les acteurs avaient toute liberté pour circuler à travers ce décor et explorer leur personnage,
explique le producteur Sam Mercer. Susan et son opérateur les suivaient de près
et pouvaient à tout moment improviser un mouvement, un cadrage imprévu.
L'équipe devait donc être très vigilante, tant en ce qui concerne
la préparation de la scène que le placement des lumières...
et le choix des "planques" où elle se réfugierait durant la prise !"
A la photographie : Tom Stern
Ancien chef électricien sur American Beauty et Les Sentiers de la perdition,
le chef opérateur Tom Stern est également connu pour son travail sur de nombreux films de Clint Eastwood,
dont Créance de sang (2002), Mystic River (2003), Million Dollar Baby (2004),
Mémoires de nos pères (2006) et Lettres d'Iwo Jima (2007).
A propos de la photo de Nos souvenirs brûlés, Susanne Bier déclare :
"Il a dû éclairer tous les décors sur
360° pour nous permettre d'évoluer en toute liberté.
Cela demandait un gros effort de la part de l'équipe car il n'y avait pas beaucoup d'endroits
où elle pouvait se cacher durant une prise. Mais cette tension a eu aussi des effets très positifs."
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